La nourriture australienne

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Il est temps d'en venir à un point essentiel dans toute expérience à l'étranger: la découverte des habitudes culinaires. Ce qui est frappant ici, c'est déjà le nombre considérable de restaurants asiatiques, qu'il s'agisse de cuisine thai, chinoise, japonaise ou indienne, importé par la population immigrante omniprésente à Sydney, et pour mon plus grand plaisir gustatif. Les sushis sont d'ailleurs beaucoup moins chers que chez nous. 

Mais ce sont bien les seuls car pour le reste, la nourriture type occidentale coûte extrêmement cher. Ainsi, dans les prix "spéciaux" d'un restaurant du centre ville, on peut trouver un risotto à 34 dollars, autrement dit 25 euros, tandis qu'un bloc de fromage peut facilement coûter 14 dollars au supermarché, sans la moindre certitude qu'il ne soit pas face ou insipide.  

Il m'a ainsi fallu plus de 5 minutes d'intense réflexion pour délibérer si j'allais oui ou non ajouter la feta à mon panier. Vous comprenez que la découverte d'un ALDI près de chez moi m'a rapidement conduite à en faire mon fournisseur alimentaire exclusif. 

 

Les spécialités

L'Australie n'a pas beaucoup de spécialités typiques, à l'exception du Vegemite, une pâte à tartiner très salée brune foncée à base de levure de bière.  Si les Australiens et les Kiwis en raffolent, ils sont bien les seuls au monde. Barack Obama a décrit le Vegemite comme horrible lors de sa dernière visite et Katy Perry a avoué avoir vomi après avoir ingurgité la dite marmelade.  Pour y avoir goûté, je dois avouer partager l'avis de la chroniqueuse australienne Anna Brain pour qui le Vegemite est une honte nationale qui doit rester secret et ne pas chercher à s'exporter. Dans le thriller Kangouroad Movie de A.D.G, que je dévore chaque jour lors de mon si long trajet en bus jusqu'au boulot, une étrangère demande au héros australien comment ils peuvent manger cette pâte qui ressemble à du goudron. Ce à quoi l'australien répond "On est obligés, sinon il faudrait l'exporter". 

Autre spécialité, issue des colons anglais : les tartes fourrées à la viande, souvent servies avec une boule de purée et de la "sauce tomate" qui s'est en fait révélée être du ketchup. Délicieux ! Il y a deux enseignes importantes, que j'ai bien sûr testé : les Pie Face, qui sont aussi nombreux que les McDonald's ou les Jack's Hungry, équivalent du Burger King, avec des smileys dessinés sur les tartes, et le célèbre Harry's Cafe de Wheels, un restaurant ambulant mais qui n'a bougé qu'à cinq reprises et qui est devenu une institution à Sydney, où il compte sept enseignes (dont une à Parramatta où je vis).  De nombreuses célébrités ont goûté aux fameuses tartes, dont Frank Sinatra et Marlene Dietrich... et désormais moi. 

J'ai aussi adoré le steak de Kangourou, animal emblématique du pays que je n'ai encore vu que grillé au BBQ.

Pour le reste, je suis obligée d'admettre que mes expériences culinaires se sont bien souvent révélées désastreuses. Tout comme la conduite à gauche, les uniformes scolaires démodés et une curieuse passion pour le cricket, l'Australie a malheureusement aussi hérité de la médiocre cuisine anglaise, fish & chips compris.  

Quand à la boisson, je ne m'habitue toujours pas à devoir payer ma bière 5 à 10 dollars. Ainsi, je suis obligée de me rabattre sur le goon, terme péjoratif pour ce qui s'avère être du vin bon marché servi dans des espèces de cubis... une véritable institution chez les backpackers et les étudiants qui continuent à en boire malgré le profond dégoût qu'ils éprouvent à son égard. 

Bref, puisque la nourriture Australienne ne s'est pas encore montré à la hauteur, je peux heureusement me rabattre sur la cuisine asiatique qui est souvent pleine de surprises (incluant l'impression de cracher du feu)  et pas trop chère! Je veux tout tester, c'est parti, top chrono ! En espérant que mon estomac tienne le coup. 

  


 

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