Kings Cross

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Mon premier contact avec l'Australie fut beaucoup moins paradisiaque que je l'avais imaginé. Je pensais débarquer dans un pays prospère, propre et ensoleillé, où la nourriture est bonne et les gens sympathiques. Mais ma première impression était à mille lieux de cela. D'abord, la pluie m'a suivi jusqu'en Australie, et pendant deux jours encore ! La désillusion s'est poursuivie lorsque, dégoulinante de transpiration après 24h passées à voyager, j'arrive enfin dans le quartier des backpackers de Sydney, le célèbre Kings Cross, en espérant prendre une bonne douche. J'apprends avec dépit que je dois attendre 4h avant de pouvoir disposer de ma chambre et de sa douche.  S'en suit un parcours du combattant de plusieurs heures, incluant de nombreux passages dans Darlinghurst Road, sac de 7kg et vêtements portés depuis deux jours au dos, pour tenter de dénicher du wi-fi gratuit, sans succès.  

Pour affronter la suite de cette arrivée catastrophique à Sydney, il semble alors qu'un peu de nourriture soit tout indiqué. Mais la rue est essentiellement composée de snacks crasseux (qui m'a d'ailleurs valu une indigestion suite à l'absorption d'un kebab pas net) et de bistrots miteux. Sans parler des nombreux clubs de strip-tease tapageurs et des prostituées qui font de ce lieu le quartier le plus décadent et dépravé de Sydney.  En fait, Kings Cross, c'est un peu l'équivalent de Montmartre en plus sordide. Un petit tour sur Wikipédia m'apprend d'ailleurs qu'il fut dans les années 60 le quartier du crime organisé, de la corruption et de la drogue...  Et voilà ma première vision de Sydney, loin de tout ce que j'avais pu imaginer, comme vous vous en doutez. 

L'auberge en plein coeur de Kings Cross, se fond parfaitement dans le décor. Oubliez tout ce que j'aurais pu vous dire sur la métamorphose des auberges de jeunesse. Cela n'a pas cours ici. Ma chambre est un tel bordel que Coralie s'y sentirait comme chez elle. A cela, ajoutons pas de Wi-fi, un "déjeuner" pour anorexiques qui consiste essentiellement en une tranche de pain de mie, du beurre et une espèce de marmelade au goût non identifié, Rick le cafard et une expérience nocturne plutôt bruyante que je préfère oublier.

Malgré tout, j'ai réservé deux nuits supplémentaires, j'y retourne régulièrement en rentrant en douce le weekend et mes deux semaines à Kings Cross me manquent terriblement... Pourquoi ? Car on finit par s'y sentir comme chez soi, car on n'arrête pas de rencontrer de nouvelles personnes intéressantes qui sont tout aussi ravis que moi de pouvoir discuter de tout et de rien, car on parle anglais toute la journée et on a l'impression de progresser à une vitesse folle, car les voyageurs ne semblent pas se fatiguer de m'entendre m'évertuer à faire des phrases en anglais, car on sort tous les soirs sans se soucier de comment rentrer puisque l'auberge est dans la même rue, et pour bien d'autres choses encore... 

 


 

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