24h dans un avion

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J'ai quitté l'Europe le 23 octobre au soir et je suis arrivée le 25 octobre au matin. Mon 24 octobre s'est donc essentiellement déroulé dans les airs, à enchaîner les films et à manger des plats sans saveur empaquetés dans des boites miniatures. 

Rien à voir avec les photos sur le site d'Etihad Airways, la compagnie des Emirats Arabes Unis avec laquelle j'ai voyagé :

Et pourtant, même si on sait pertinemment bien que le souper sera infect, c'est chaque fois avec un plaisir irrationnel, probablement mêlé d'une curiosité suspicieuse, qu'on attend l'heure du repas.  Et celle-ci arrive sans prévenir, aux moments les plus inattendus. Ainsi, on soupe à minuit, on re-soupe à 10h du matin, on dine à 16h avec un sandwich (mais 24h à l'heure australienne). Et vers midi, le commandant nous demande de fermer les hublots et tout le monde se met à dormir. Et tout le monde a l'air de trouver ça normal.

Quand je dis tout le monde, j'inclus notamment ces personnes qu'on rencontre inévitablement dans un avion. Entre autres, le lourdaud qui descend son siège si bas que la pauvre fille derrière se retrouve littéralement nez à nez avec Johnny Depp dans le film Les Pirates des Caraïbes ; le vieux crouton qui appelle hôtesse de l'air sous n'importe quel prétexte toutes les dix minutes ou la pauvre fille coincée côté hublot par deux australiens obèses et qui n'ose pas les faire lever pour aller aux toilettes, sachant que ça leur demande un effort considérable (bon cette fille-là, j'avoue, c'est moi!). Dans ces conditions, on relativise et on calcule. Plus que 7h à attendre...

Beaucoup de gens m'ont dit qu'ils ne concevaient pas de rester immobile pendant autant de temps. Je suis obligée de vous contredire ! On est loin d'être immobile dans un avion. Au contraire, on passe tout son temps à gigoter dans tous les sens pour trouver la meilleure position pour dormir en croyant chaque fois naïvement que cette fois, on l'a enfin trouvé  !

Et lorsqu'on arrive enfin en Australie, il faut avancer sa montre de 8h. En un sens, on perd donc 8h d'existence. Dans son livre "Nos voisins du dessous", l'américain Bill Bryson ironisait sur cette perte d'existence, encore plus marquée pour un voyage entre l'Amérique et l'Australie.

"Franchement, si en lisant les petites lettres imprimées sur votre billet d'avion, vous découvriez la mention suivante: "Nous rappelons à nos passagers qu'au cours de certaines traversées, une perte de 24h d'existence peut se produire" (pour employer le jargon habituel des compagnies d'aviation), je suppose que vous exigeriez quelques explication, non ? Cependant, je dois reconnaitre qu'il existe un certain réconfort métaphysique dans le fait de s'apercevoir qu'on peut cesser d'avoir une existence matérielle pendant un jour entier et que cela ne fait absolument pas souffrir"

Je confirme, je suis arrivée à Sydney dans une configuration plus ou moins normale avec juste quelques cernes supplémentaires et deux-trois courbatures, mais entière et plus que jamais impatiente de découvrir les surprises que me réserve ce pays!

 


 

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