L'histoire

Les australiens

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Après trois mois d'observation,  j'ai pu analyser à plusieurs reprises l'espèce australienne aussi connue sous le nom de Aussie, à prononcer Ozie. J'imagine que vous avez tous l'image de ces beaux surfeurs musclés ou de ces ruraux virils aimant vivre dans les grands espaces, travaillant dur dans leur ferme et affublés d'un chapeau Akubra à la Crocodile Dundee. Sans oublier leur jargon du bush qui semble n'avoir aucun sens et leur accent épouvantable dont les mauvaises langues racontent qu'il provient du fait que les australiens n'ouvrent pas la bouche pour parler de peur d'avaler des mouches.  

Il suffit d'analyser les paroles de la ballade la plus populaire d'Australie, Waltzing Matilda, hymne national officieux, pour se rendre compte que les Australiens viennent véritablement d'un autre monde. 

Once a jolly swagman camped by a billabong
Under the shade of a coolibah tree,
And he sang as he watched and waited till his billy boiled
"You'll come a-Waltzing Matilda, with me."

http://www.youtube.com/watch?v=eXlBN_mAwLE&feature=related

Traduction : Il était une fois un swagman qui campait dans un billabong, à l'ombre d'un collibah, et il chantait en regardant bouillir son vieux billy. Qui viendra faire valser sa Matilda avec moi?".  

Vous n'avez rien pigé? Bon, voici une petite leçon d'australien pour vous permettre de saisir les paroles. Un billabong est une sorte de mare, un swagman est un voyageur itinérant, un billy est une sorte de pot en métal qui sert à faire bouillir de l'eau, un coolibah est un arbre et Matilda est une couverture. Maintenant, si j'emprunte les mots de Bill Bryson dans Down Under, vous pouvez vous poser la question à savoir "pourquoi le swagman a choisi de camper dans une marre (personnellement je préférerais camper juste à côté), pourquoi désire-t-il faire valser sa couverture et pourquoi aurait-il besoin que quelqu'un ou quelque chose (dans le couplet suivant, il parle d'un mouton, ça promet) l'accompagne dans cette activité bizarre et sans doute dépravée, voilà des questions qui n'ont jamais eu de réponse. "

Bon, si vous voulez la vérité, je n'ai encore rencontré aucun australien de cette espèce, bien que l'outback doit encore en abriter de nombreux. Les citadins de Sydney n'ont plus rien à voir avec ce vieux cliché et ils ressemblent à n'importe quel banal occidental. En 20 ans, les chiffres de l'obésité sont montés en flèche. 40% des adultes sont désormais obèses. Vraisemblablement une des conséquences de la consommation d'alcool, l'Australie étant le quatrième pays consommateur de bière, avec une moyenne de 108 litres par personne par an (ils sont donc pires que nous puisque nous ne sommes que 8èmes) et de barbecues. Car le "barbie" est ici une institution, et attention,personne ne vous comprendra si vous demandez du ketchup, plus connue ici sous le nom de sauce tomate (de quoi épouvanter n'importe quel amateur de vrai sauce tomate). La tenue du dimanche est inévitablement composée des tongs, qu'on appelle ici "thongs" et non "flip flop" comme aux USA... Et ne faites pas l'erreur de demander à un américain s'il n'a pas vu une de vos "thongs", car cela reviendrait à lui demander s'il n'a pas vu un de vos strings.    
Quand à leur personnalité, il m'est encore difficile de tirer des conclusions générales même si le mot sympathique est clairement approprié. Vous avez déjà vu un pays où tout le monde, même les vendeurs, vous demandent systématiquement comment vous allez avec un grand sourire et une impressionnante sincérité ? 


 

Les Blue Mountains

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Difficile d'imaginer que juste derrière cette métropole de 4 millions d'habitants qu'est Sydney se cache un paysage saisissant fait de montagnes de 300 mètres de haut, de cascades et de forêts d'eucalyptus dont l'évaporation laissant une brume bleutée donne son nom au lieu: les Blue Moutains. 

C'est l'endroit que nous avons choisi pour faire un peu de camping. Avec nos sacs de 3 tonnes transportant tentes, sacs de couchage et nourriture pour deux jours, nous voilà parés à affronter une nuit dans le "bush". Un détail nous avait cependant échapés : la distance de 6 kilomètres entre le campement et la gare, ce qui nous a fait profiter des joies de la marche nocturne dans des bois également habités par les dingos, ces chiens sauvages qu'il ne me tarde pas de rencontrer.  

Grâce à l'ingénieux parcours fleché des garçons partis devant en courant soit disant pour monter les tentes avant qu'il fasse nuit, nous avons réussi à atteindre le campement pour une soirée au feu de bois, avec saucisses et bananes au chocolat... 

 


 

Les fêtes de fin d'années

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Sydney est une des plus belles villes au monde pour fêter Noël et Nouvel An.  Les festivités débutent déjà un mois avant Noël, par l'éclairage du sapin sur Martin's Place avec son feu d'artifice et sa chorale de Noël. Quelques jours plus tard, la fameuse Santa Claus Parade voit défiler un nombre impressionnant de Pères Noëls sur Darling Harbour, avec pour couronner le tout des Pères Noëls en jet-ski. 

 

Lorsqu'on remplace la neige, les écharpes et les grosses chaussettes par du soleil, des bikinis et des barbecues, il est clair que Noël n'a plus rien à voir avec nos Noël. Un curieux détail reste identique : malgré les 25°C, le Père Noël garde exactement le même costume, probablement doté d'une technologie ingénieuse de ventilateurs incrustés. En même temps, personne n'a vraiment envie de voir le Père Noël en slip de bain ! 

Mon jour de Noël s'est déroulé à la plage, comme tout bon touriste, avec l'inévitable bonnet de Père Noël et un festival pour backpackers.

Pour ce qui est du Nouvel An, je n'ai pas fait dans l'originalité non plus puisque j'ai participé le 31 décembre à la course au meilleur point de vue pour profiter du gigantesque feu d'artifice de Sydney. Nous avons donc poiroté pendant 8h dans un parc... pour 12 minutes de spectacle. Puis, retour au Village pour une soirée inoubliable qui s'est terminée par un plongeon dans la piscine.  D'après une croyance indienne, ce que l'on fait le premier jour de l'an est caractéristique de ce que l'on fera toute l'année... Une question me taraude désormais : l'année 2012 sera-t-elle l'année des pires cuites et de la glande ? 


 

Les dangers de la mer

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"La recherche d'un garçon disparu dans les eaux de Corrimal Beach près de Wollongong va reprendre ce matin. Le garçon de 8 ans et une jeune fille sont entrés dans l'eau à environ 18h30 hier et ont, semble-t-il, eu des difficultés dans un rip" (mX, similaire au Métro, 23 janvier 2012)

"Un surfeur a été sérieusement blessé après avoir été attaqué par un requin sur une plage près de Newcastle, au nord de Sydney. C'est la deuxième attaque en quelques semaines dans les eaux de Sydney" (Sky News, 18 janvier).  

Voilà le genre de nouvelles que l'on peut lire régulièrement dans la presse locale. Mais attention, pas d'inquiétude à avoir puisque les attaques de requins n'ont fait QUE 27 morts au cours des 22 dernières années. Et ce qui est flippant c'est que ce genre d'incidents ne se déroule pas sur des plages désertes mais sur les plages les plus populaires de Sydney, y compris Bondi et Manly.  

Les requins sont pourtant loin d'être les dangers les plus meurtriers dans les eaux de Sydney. Les rips, des contre-courants sous-marins qui partent en biais de la côte et emportent les gens vers la haute mer, sont bien plus dangeureux. Les vagues ont ici des dimensions si impressionnantes qu'une petite baignade inoffensive se transforme en montagne russe aquatique avec l'inévitable ingurgitation d'eau salée qui l'accompagne.  Ce qui ne nous empêche pas de nous amuser comme des petits fous. En 1938, trois énormes lames de fond ont balayé la plage de Bondi, entraînant 200 personnes au large et faisant 6 morts. J'ai pu me rendre compte de la force des courants la semaine dernière lorsque je me suis soudainement retrouvée à nager à contre courant sans parvenir à avancer et que des sauveteurs au bonnet jaune et rouge ridicule m'ont signalé de sortir de l'eau pour aller nager un peu plus loin. Il n'a pas fallu me le dire deux fois. Lorsqu'on sait qu'une personne se noie tous les deux à trois jours en été en Australie et 90% à cause du rip, on ne se permet pas de rigoler pas avec les mesures de sécurité... Merci aux nageurs sauveteurs bénévales qui forment depuis plus d'un siècle le mouvement Surf Lifesaving! 

 


 

 

Australian Day

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Puisque personne ne semble s'intéresser à l'histoire de l'Australie, à commencer par les Australiens eux-même, à en juger par le misérable drapeau côtoyant le poteau d'un arrêt de bus, érigé en l'honneur du bicentenaire de la création du pays, je me suis dit qu'il était temps d'approfondir le sujet. 

 

Mais peut-être les Australiens sont-ils simplement honteux de leur passé ? Il faut avouer qu'il n'y a aucune fierté à tirer du fait que l'Australie fut pendant presqu'un siècle la plus grande prison au monde. Le peuple australien est donc descendant de bagnards.  

Le 26 janvier 1788, le capitaine Arthur Philip débarque à Watsons Bay qu'il décrit comme la plus belle baie du monde. Il est vrai qu'elle est sublime.

A son bord, il transporte quelques 1100 personnes dont la majorité sont des prisonniers déportés pour avoir commis de menus larçins (comme avoir volé un mouchoir de poche). L'objectif était pour la Grande Bretagne de se débarrasser de son prolétariat misérable. Elle décide donc de les envoyer sur cette terre "ridiculement lointaine et virtuellement inconnue qu'on avait encore visité qu'une fois brièvement (18 ans plus tôt par James Cook).  Jamais jusqu'à cette date on n'avait déplacé des gens aussi loin et à tant de frais. Et tout cela dans le seul but de les incarcérer", comme le remarque Bill Bryson dans "Nos voisins du dessous".  Au total, 160.000 personnes ont été déportées et exploités pour construire la colonie anglaise, établie dans le quartier qu'on appelle les Rocks et qui a conservé quelques bâtiments historiques comme ce Cottage anglais. 

 

Aujourd'hui, le mot "convict" (bagnard) est une insulte populaire en Australie. Les Australiens ont toujours refusé de reconnaître cette part de leur identité nationale, voire même de leur patrimoine génétique, qu'ils appellent "hated stain", autrement dit la "tâche haïe". Beaucoup craignent de remonter leur arbre généalogique de peur de se rendre compte qu'ils sont les descendants de dangereux criminels. 

Et puisque les Australiens sont pleins de surprises, chaque 26 janvier, ils célèbrent la création de ce gigantesque bagne dont ils ont tellement honte à force de barbecues et de bières fraîches... J-7 !